ENSEIGNER
samedi 23 septembre 2017
icar Vesion anglaise

THEME:  5e- La lumière : sources et propagation rectiligne (nouvelle version)
  -  Niveau 7 (Collège (prog. 2009))  -  Physique

Activité 1: Coup de théâtre

 
 Les amis de Cassiopée ont monté une pièce de théâtre avec leur professeur de français du collège. Cette pièce de théâtre fait intervenir 3 personnages Simplicio, Sagredo et Salviati qui s’interrogent sur la manière dont se fait la vision.


1. Hypothèse : A quoi est du le fait que l’on voit un objet placé devant nous ?
2. Recherche documentaire : Regardez la vidéo
3. Exploitation : A partir de l’explication donnée par la pièce de théâtre
   a. Remplissez le tableau suivant concernant le fonctionnement des sens suivants
b. Salviati dit que si nous regardions le soleil (ce qu’il ne faut pas faire, car c’est dangereux), nous serions éblouis. Comment expliquer l’éblouissement ?
4. Résultat : Avez-vous changé d’avis ?
5. Conclusion : A quoi est due la vision d’un objet ?

Formulation collective

Réponse de la classe


Bilan 1
Pour construire des modèles, les physiciens doivent se mettre d’accord. Aujourd’hui, la physique affirme que la vision est due à l’entrée dans l’œil d’une lumière émise par un objet. Si la lumière émise est trop intense, l’œil peut être ébloui et on ne voit pas l’objet.



But: Coup de théâtre

 Expliquer la manière dont se fait la vision à partir d’une pseudo-controverse scientifique. Permettre aux élèves d’expliciter leurs conceptions concernant la vision (lorsque je vois, mes yeux émettent quelque chose, Je peux voir un objet alors qu’il ne m’envoie pas de lumière)

Préparation: Coup de théâtre

Matériel :
Film dont les dialogues sont ci-dessous

Organisation :
cette activité peut être réalisée par groupes.

Texte de la pièce de théâtre : La vision : comment ça marche ? D’après Cécile de Hosson & Wanda Kaminski (2006)


 Partie 1 : les différents points de vue sur la manière dont se fait la vision

Sagredo : Bonjour Salviati, bonjour simplicio
Salviati et Simplicio : Bonjour Sagredo
Sagredo : Alors, je vous ai réunis aujourd’hui afin que nous puissions parler de la manière dont se fait la vision.
Simplicio : Je crains, mon cher ami, que notre discussion ne soit difficile, car je crois savoir que Salviati et moi-même sommes en désaccord sur ce point. Pour ma part, tout comme le suggèrent de nombreux savants de l’Antiquité, je crois que pour voir, l’œil doit envoyer quelque chose vers un objet.
Sagredo : Il me semble que tous les Grecs ne raisonnaient pas ainsi. N’est-il pas exact que Lucrèce et d’autres savants avant lui expliquent la vision d’un objet par l’entrée dans l’œil d’une image de cet objet ?
Salviati : Sachez avant toute chose, que je me réjouis de vous parler de Lucrèce. Et si vous ne partagez guère son opinion, veuillez au moins apprécier la grandeur de sa poésie.
Sagredo : Ne nous faites pas attendre davantage.
Salviati : Voilà : « Tous les objets ont des sortes de membranes légères qui se détachent de leur surface en voltigeant en tout sens parmi les airs. Ce sont des figures, des images émises par les objets, comme la chaleur de la flamme. »
Simplicio : Cette théorie me semble absurde : comment pouvez-vous expliquer que des membranes détachées d’objets immenses, comme des montagnes, par exemple, puissent pénétrer dans notre œil, qui est lui, tout petit ?
Salviati : J’aimerais vous rappeler qu’en vous exposant les idées de Lucrèce je n’ai fait que répondre à la demande de Sagredo. Je n’ai jamais dit que je les partageais. Elles présentent en effet certaines incohérences mais néanmoins, ces théories me semblent plus proches de ma théorie personnelle que la vôtre.
Sagredo : Vous pensez donc que si l’on voit c’est que les objets envoient des images d’eux-mêmes dans nos yeux ?
Salviati : Ce n’est pas ce que je dis. Néanmoins, je retiens de cette théorie qu’elle pose le problème de la vision comme le résultat d’une action sur l’œil. Et ce qui me semble intéressant ici c’est que la vision est considérée comme la réception dans l’œil de quelque chose provenant de l’extérieur.


Partie 2: le principe de fonctionnement des sens


Sagredo : N’est ce pas sur ce principe que fonctionnent tous nos sens ?
Salviati : Vous touchez là un point crucial, Sagredo. Si l’on en croit Aristote, nos cinq sens fonctionnent tous de la même façon. Ils sont le résultat d’une action extérieure, le stimulus, sur un organe spécifique appelé organe sensoriel. Ainsi, nous entendons parce que nous recevons du son dans l’oreille, nous sentons car nous recevons…
Simplicio : … des odeurs dans le nez…


Partie 3: l’éblouissement


Salviati : …Nous avons la sensation du goût car notre bouche reçoit des saveurs, et ainsi de suite. Et puisque mon objectif est de vous convaincre que la vision est le résultat d’une action sur l’œil, j’ai là un argument qui sans doute vous convaincra plus que tout autre. Mais d’abord permettez-moi de vous poser une question : Pensez-vous pouvoir regarder fixement le Soleil pendant dix secondes ?
Simplicio : Quelle idée !
Sagredo : Assurément non, cela serait bien trop douloureux, et préjudiciable pour la vue.
Salviati : Précisément. Et savez-vous pourquoi ?
Sagredo : Sans doute parce que la lumière du Soleil est trop forte.
Salviati : Bien. Vous admettrez donc qu’une lumière trop forte provoque des effets douloureux sur l’œil, et que l’œil est sensible à une lumière trop forte. On ne peut pas penser qu’il y ait quelque chose qui aille de l’œil vers l’objet car, dans cette situation il n’y aurait aucune raison de souffrir face à un objet plutôt qu’à un autre. Si l’on est ébloui en regardant le Soleil, c’est bien parce que de la lumière forte entre dans l’œil.
Sagredo : Je suis en tout point d’accord avec vous, cher Salviati, mais n’oubliez pas que nous cherchons à comprendre la manière dont on voit et pas la manière dont on ne voit pas. Or la situation que vous décrivez, celle de l’éblouissement, est totalement opposée à la vision.
Simplicio : Décidément, vous vous égarez, Salviati. Sagredo a raison, l’entrée de lumière dans l’œil empêche de voir.
Salviati : Permettez-moi de vous corriger, Simplicio. Vous dites, « l’entrée de lumière dans l’œil empêche de voir », et moi je dis, l’entrée d’une très forte lumière dans l’œil empêche de voir. Percevez-vous la nuance ?
Simplicio : Certes, mais je ne vois pas où vous voulez en venir. Ne sommes-nous pas ici pour parler de la manière dont se fait la vision ? Venez-en au fait, je vous prie.
Salviati : Vous remarquerez que lorsque vous êtes éblouis, cette sensation désagréable dure longtemps, vous empêchant notamment de lire pendant un temps. Ainsi, une lumière forte affecte non seulement l’œil mais aussi la vue. De même qu’un son trop fort blesse le tympan tandis qu’un son modéré parvenant à nos oreilles provoque l’ouïe.


Partie 5 : conclusion

Sagredo : Si je comprends bien votre comparaison, cher Salviati, une lumière modérée provoquerait la vue ?
Simplicio : Mais c’est absurde ! Lorsque nous regardons le monde autour de nous, ce sont bien les objets que nous voyons et ceux-ci ne nous envoient pas de lumière. Si tel était le cas, nous serions continuellement éblouis !
Salviati : Calmez-vous, Simplicio, et tâchez de suivre mon raisonnement. N’est-il pas vrai que pour voir un objet non lumineux par lui-même, celui-ci doive être éclairé ?
Sagredo : En effet, nul ne songerait à penser que l’on voit dans le noir.
Simplicio : Seuls les chats sont capables de cet exploit.
Salviati : Laissons les chats pour le moment. Pour voir un objet il faut que celui-ci soit éclairé. Moins un objet est éclairé, moins il est visible. Plus un objet est éclairé, plus il est visible. Si toutefois, il est trop éclairé, la vision de l’objet devient impossible. Ce phénomène n’est-il pas similaire à l’éblouissement que nous ressentons en regardant le Soleil ?
Sagredo : Assurément. Un objet éclairé par une lumière très intense se comporte donc comme le Soleil. Il renvoie dans l’œil une lumière trop forte, et cette lumière blesse les yeux. C’est ce qui se passe par exemple lorsque l’on regarde la neige au Soleil.
Salviati : Bien ! Si vous voyez l’objet, c’est qu’il est toujours éclairé et que vous n’êtes plus gêné par l’entrée dans votre œil d’une lumière trop forte. Un homme voit lorsque la quantité de lumière provenant des objets vers son œil n’est ni trop forte, ni trop faible.
Simplicio : Cela signifie-t-il que tous les objets qui nous entourent renvoient continuellement de la lumière dans nos yeux, alors même que nous n’en avons aucun signe ?
Sagredo : Aucun signe dites-vous ? Le simple fait de voir ces objets n’est-il pas significatif d’une présence de lumière ?
Salviati : Je vois, Sagredo, que vous semblez convaincu. Et vous Simplicio, qu’en pensez-vous ?
 Simplicio : Cela mérite réflexion…

Corrigé: Coup de théâtre

Formulation collective
 On pourra parler de cette pièce comme une illustration de ce qui se passe parfois dans la communauté scientifique : différentes idées sont confrontées les unes aux autres, et il faut décider quelle est celle qui permet le mieux d’interpréter ce qui se passe.

Réponse de la classe